Escalade et sécurité par Philippe Vallée |
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1) NB : ce document est conçu pour apporter une clarification dans nos pratiques et procédures, ainsi qu'une aide aux collègues non spécialistes. Il vise à mettre en avant le problème de la sécurité en EPS et particulièrement en escalade. Il ne peut constituer une "bible" exhaustive des risques et problèmes rencontrés et comporte sans doute des erreurs qu'il conviendra de signaler pour les corriger. Enfin, ce document s'adresse à une pratique de collège, essentiellement en moulinette. Un document pour un deuxième niveau (grimpe en tête et manuvres de cordes) ne saurait tarder ! Renseignements, informations et corrections auprès de philippe%vallee@cegetel%net (remplacer les % par des points (lutte anti spam)) 2) Ce document est à l'origine un document de travail destiné aux collègues de mon établissement. Il n'était pas destiné à la publication. C'est pourquoi un certain nombre d'illustrations ou d'idées présentes sur ce document sont inspirées de sources diverses publiées sur internet et notamment sur le site des ressources TICE du ministère http://www.educnet.education.fr/eps/default.htm et sur le portail http://www.education-physique.com/ Je vous encourage à aller y jeter un oeil, et j'espère que les auteurs des documents source y verront plutôt un hommage qu'un pillage ! |
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Introduction
A la suite du très
instructif stage sur la sécurité en escalade des 27 et 28 novembre
2001(Académie de Nice), animé par G. Decorps (ingénieur,
expert auprès des tribunaux, spécialiste de la résistance
des matériaux d'escalade et à l'origine de beaucoup de normes)
et PJ Doulat (professeur d'EPS, spécialiste escalade, confronté
à une expérience douloureuse en cours et du coup instruit en matière
juridique) et Louis Rodolphe, il m'a paru urgent d'en tirer les enseignements
et de modifier en profondeur nos pratiques, notre fonctionnement et nos procédures,
afin de tendre vers une sécurité sinon maximale du moins nettement
supérieure.
Pour améliorer la sécurité en escalade nous devons uvrer
dans un certain nombre d'axes en même temps :
Sommaire :
1. Sur
le plan de l'information sur la sécurité :
a. Envers les élèves :
§ Affichage sous forme de panneaux dessinés
des règles de sécurité de l'escalade.
§ Rappel des procédures liées à la sécurité
à chaque séance.
§ Mise en place de procédures de contrôle : du respect des
consignes, de la conformité de la mise en place des équipements
individuels, des manuvres, des capacités et compétences
des élèves.
b. Envers la hiérarchie, les parents et les juges
!
§ Ecrire ce que l'on fait : cahier de suivi du matériel, fiche
d'évaluation de l'élève (genre carte d'identité
du grimpeur, avec test sécurité et niveau atteint (voir modèle)
2. Sur
le plan des procédures à suivre par les élèves :
a. Identifier les comportements, nuds, manuvres,
gestes, mots, indispensables et absolus et les faire appliquer.
b. Ne pas tolérer de comportements déviants
en situation d'assurage avec un grimpeur sur le mur (discussion de l'assureur,
jeu avec la corde (chute brutale), Tarzan, 8 rapide, etc.)
3. Sur
le plan des procédures à suivre par les enseignants :
a. Connaître l'activité : être capable de repérer
un nud mal fait, un comportement dangereux, les repères de l'activité
de l'élève, les moments critiques de l'activité.
b. Pouvoir anticiper sur une faute prévisible
: organisation pédagogique, sécurité passive, gestion des
groupes, "cordées à risques".
c. Dire sa pratique : ses difficultés, les problèmes rencontrés,
les cas non prévus rencontrés.
4. Sur
le plan du matériel :
a. Gestion du pool de matériel : cahier de suivi du matériel.
Mise au rebut du matériel dangereux ou défectueux, procédures
de contrôle de l'état du matériel.
b. Adaptation du matériel aux solutions les plus sûres connues
: cordes, dégaines, longes, baudriers, etc.
a. Envers les élèves :
§ Affichage sous forme de panneaux dessinés des règles
de sécurité de l'escalade.
Voir les fiches proposées, d'après le travail de B. Géronimi
(Académie de Rouen).
- Règles fondamentales pour les traversées (travail sans corde)
- Règles fondamentales pour le travail en moulinette
- Règles fondamentales pour le travail en tête
§ Rappel des procédures
liées à la sécurité à chaque séance.
Même si cela semble fastidieux, inutile et répétitif il
faut à chaque séance rappeler :
Pour le grimpeur :
- De serrer son baudrier (taille en premier, puis cuisses), tee-shirt dedans
et de vérifier les boucles d'attaches.
- D'attacher ses cheveux.
- De faire un nud d'encordement en 8 près du pontet du baudrier
avec nud de sécurité.
- De vérifier son assureur (équipement, manuvre)
Pour l'assureur
- De serrer son baudrier (taille en premier, puis cuisses), tee-shirt dedans
et de vérifier les boucles d'attaches.
- D'attacher ses cheveux
- De serrer les mousquetons à vis (et de re desserrer 1/4 de tour)
- D'assurer près du mur, pieds décalés, sur un geste en
4 temps (et retour).
- De ne jamais lâcher le brin de corde du bas.
- Si escalade en tête parade jusqu'après le mousquetonnage du premier
point
- De vérifier son grimpeur (nud en 8 + nud de sécurité,
baudrier serré)
Pour le contre assureur
- De serrer son baudrier (taille en premier, puis cuisses), tee-shirt dedans
et de vérifier les boucles d'attaches.
- De serrer son prussik sur la corde (pré-tension) à bonne distance
de l'assureur
- de vérifier le grimpeur et l'assureur
Et pour tous : travailler dans le calme, ne pas crier, respecter les voies et
couloirs de travail, être vigilant au sein de sa cordée.
§
Mise en place de procédures de contrôle :
- Du respect des consignes : L'enseignant doit donner le feu vert à
chaque cordée pour monter. Feu vert = cordée entièrement
OK. La cordée ne peut monter sans le contrôle de l'enseignant.
- De la conformité de la mise en place des équipements individuels
:
o L'enseignant doit être capable de vérifier d'un coup d'il
ou en testant avec ses mains :
- pour tous : le serrage du baudrier, les boucles en sécurité
(pas chez nous), les cheveux attachés (surtout assureur)
- pour le grimpeur : la bonne fabrication du nud en 8 (nud
en forme de 8 double sur toute sa longueur, à plat (non vrillé),
deux brins entrent, deux brins sortent, bien serré (sur les deux brins
et même un brin après l'autre)) et de son nud de sécurité.
- pour l'assureur : le bon positionnement du descendeur, de la corde,
le serrage des mousquetons
- pour le matériel : état de la corde, du prussik, passage
de la drisse au bon endroit (dans le mousqueton terminal), positionnement de
la drisse de manière à ne pas gêner les mouvements de la
corde et du grimpeur.
o A faire réaliser aux élèves : Co-contrôle
et auto-contrôle des équipements au sein de la cordée. Repérage
des indices de problème.
- Des manuvres
:
o L'enseignant doit être capable de repérer les manuvres
dangereuses ou pouvant le devenir :
- Mauvais positionnement des mains lors de l'assurance (mains à l'envers,
mains mal placées sur la corde, mains sur le descendeur, main du brin
du bas en l'air, corde insuffisamment tenue, brin du bas lâché,
deux brins de la corde tenus à une seule main, etc.)
- Assureur mal placé ou inattentif : trop loin (risque de chute vers
le mur), pas debout, sous le grimpeur (à l'aplomb = danger en cas de
chute), en équilibre instable, inattentif.
- Contre assureur inutile : mauvais réglage du prussik (ne serre pas),
corde non avalée, inattention, mauvais positionnement (gêne l'assureur).
- Grimpeur trop rapide par rapport à l'assureur, trop à l'aise
(descente GIGN, Tarzan)
- tout autre détournement de l'activité.
o L'élève doit être capable de repérer au sein de sa cordée les manuvres dangereuses ou pouvant le devenir (en rapport avec consignes) : auto-contrôle et co-contrôle des camarades. Chaque élève doit prendre l'initiative de faire arrêter l'autre en cas de problème.
- Des capacités
et compétences des élèves :
o Vérification dès la deuxième séance : sous
forme de contrôle repéré sur fiche
- Des capacités de l'élève à s'équiper, à
s'encorder correctement, à vérifier la bonne réalisation
de son nud d'encordement et celui de ses camarades de cordée.
- Des capacités de l'élève à assurer sur un geste
en 4 temps (et le retour).
- Des capacités de l'élève à placer son prussik
pour la contre assurance.
- De la bonne conformité de la cordée qui est en place attendant
le feu vert du professeur pour grimper.
o Vérification
à la troisième séance : test sécurité noté
- Des capacités du grimpeur, de l'assureur, du contre assureur en matière
de sécurité.
§ Ecrire ce que l'on fait :
- Cahier de suivi du matériel : Inscrire tout le matériel,
sa date d'achat, son utilisation, son état, son renouvellement, les problèmes
éventuels.
- Fiches d'évaluation de l'élève : Test de sécurité
(voir modèle). Délivrance d'un diplôme de grimpeur : selon
le niveau atteint (voir modèle) et les compétences mises en jeu.
Attention ce document n'atteste que la valeur de l'élève à
un moment donné et ne peut servir de validation définitive d'une
capacité.
a. Identifier les comportements, nuds, manuvres,
gestes, mots, indispensables et absolus et les faire appliquer :
1. Equipement des élèves :
- Général : tenue souple, chaussures de sport peu épaisses
(ou chaussons prêtés) aux lacets faits, tee-shirt dans le baudrier,
cheveux attachés, pas de grosses boucles d'oreilles, pas de bagues, colliers
à l'intérieur.
- Cordée : Baudriers serrés fort, d'abord à la taille,
puis ajustés aux cuisses (pas trop serrés). Si les baudriers ont
des boucles de serrage automatique, bien qu'en théorie il n'y ait rien
à vérifier, on vérifiera, néanmoins, que les boucles
sont bien mises (et non remontées en bricolage par les élèves).
En cas de matériel différent (renouvellement du matériel
ou matériel personnel) on veillera à la mise en sécurité
des boucles (un seul côté de la boucle apparent). Les sangles de
serrage du baudrier qui dépassent seront coincées dans le baudrier
ou dans l'élastique de maintien.
Schéma interactif du baudrier
2.
Encordement du grimpeur :
- Nud en huit : près du pontet du baudrier (une main
maxi), serré sur les deux brins puis chaque brin séparément,
complété par un nud de sécurité, avec un bout
de corde de 15 cm qui dépasse.
Image interactive noeud en 8 et noeud de sécurité

Les autres systèmes utilisés comme descendeurs seront toujours placés selon le même schéma pour les droitiers.

Pour un droitier,
main de droite en pronation (paume au dessous), doigts autour de la corde, pouce
en blocage par dessus.
Main gauche doigts autour de la corde, pouce en blocage par dessus.
5. L'assurance en quatre temps (pour les droitiers) et retour
La main droite est toujours
en pronation (paume au dessous), la corde est tenue à pleines mains avec
le pouce en blocage. C'est le temps n°2 qui est le plus important, car c'est
celui où il y a blocage du grimpeur. Ce sont les positions n°2 ou
3 qui doivent être utilisées comme position d'attente.
LA MAIN DROITE NE DOIT JAMAIS LACHER LE BRIN DU BAS
![]() |
Attention aux mauvaises manuvres qui ressemblent à la vraie, mais qui glissent sur la corde, ou la pincent avec deux doigts. Ce qui revient à lâcher le brin du bas . |
5. L'installation
de la contre assurance (avec prussik)*
On pose l'anneau de corde
(prussik), sur la corde d'escalade, on saisit le nud et on le passe trois
fois à l'intérieur, puis on tire sur le nud vers l'extérieur.
C'est le bout que l'on attache au mousqueton, relié au baudrier du contre-assureur.
Il suffit alors de bien organiser les boudins sur la corde et de pré-serrer
le tout pour obtenir un système de blocage efficace.
Le contre-assureur s'installera à environ 1 m 20 de l'assureur, pour
éviter de gêner les manuvres de celui-ci, et pour ne pas
laisser trop de mou dans la corde
.
* la contre assurance peut se faire avec d'autres systèmes (machard, par exemple)
6. Autre
règle de sécurité :
Ne jamais mettre ses doigts
dans une plaquette d'assurance (en tête, comme en moulinette) ni dans
les pitons.
7. Les mots
indispensables pour communiquer (en moulinette) :
"Prêt", "je
pars", "Du mou" (ramollir la corde d'assurance) et son contraire
"sec" (tendre la corde d'assurance, avaler le mou). Relais (quand
on est en haut de la voie). "Vaché" (si on s'est attaché
avec une longe au relais). "Je descends" ou "descends-moi".
· De la part du
grimpeur :
- Se retenir aux prises à la descente pour créer du mou et sauter
pour chuter de plus haut.
- Descente genre GIGN avec de grands bonds en appui sur le mur (cela abîme
les cordes et il y a risque de rater un bond et de s'écraser sur le mur).
- Passer sur le toit.
- Se retenir mains dans les plaquettes ou sur la corde.

a. Connaître l'activité :
· Repérer un nud mal fait : ne peut se faire que
de près, avec les mains au besoin. Le nud de 8 doit être
double et plat sur toute sa longueur, deux brins entrent, deux brins en sortent,
les cordes ne se croisent pas. Tout nud qui ne présente pas l'aspect
décrit ci-dessus et dessiné plus haut, doit être regardé
avec suspicion ! Le nud de 8 doit être complété par
un nud de sécurité (voir schéma). La corde restante
ne doit pas dépasser de plus de 15 cm, et le nud doit être
près du baudrier (ce sera important en tête).
· Repérer un comportement dangereux : outre ceux vus au-dessus,
il existe des attitudes d'élèves qui sont dangereuses car difficilement
repérables à un non expert. L'assurance en quatre temps par exemple
: - il est fréquent de voir les élèves, passer très
vite de la position n°2 à la 3 et à la 4 (voir schéma)
: à ce moment là la main glisse souvent sur la corde et celle-ci
est tenue avec le bout des doigts. Si le grimpeur chute à cet instant
précis, la corde ne sera pas bloquée. - Toujours dans ce même
mouvement, il est fréquent de voir des mains en supination (paume en
l'air) ou des cordes tenues de la pince de la main (sans les doigts autour et
sans le pouce par dessus) : ces mains ne pourront bloquer la corde en cas de
chute. - Enfin l'attente de la progression du grimpeur se fait souvent main
droite en l'air (au lieu de position n°2) : le grimpeur n'est pas bloqué.
Un mauvais placement de l'assureur : - trop loin du mur (et en cas de
chute c'est lui qui va être entraîné vers l'avant et qui
risque de se cogner au mur).
- trop près du mur et il peut se prendre un grimpeur sur la tête
(surtout en escalade en tête). - Un assureur qui ne se décale pas
en fonction du grimpeur et qui va le gêner avec sa corde.
Un mauvais placement du contre assureur : placé trop près
il gêne la manuvre, placé trop loin (corde à terre)
il ne sert à rien et ne pourra être utile en cas de chute.
·
Connaître les moments critiques de l'activité (voir
tableau) : Il n'y en a pas beaucoup en moulinette
il est donc facile de les anticiper :
- Départ du grimpeur : en moulinette : vérification
des nuds et de la chaîne d'assurance (y compris corde bien passée
dans le mousqueton au relais et pas ailleurs). En tête : Même
chose plus parade jusqu'au premier point mousquetonné, corde en main.
- Ascension du grimpeur en moulinette : peu de risques sauf mauvais placements
des assureurs, contre assureurs ou erreur dans les manuvres.
- Ascension du grimpeur en tête : les risques sont accrus et les
moments critiques plus nombreux. La chute du grimpeur n'entraîne pas de
conséquences notables sauf s'il est trop près du sol avec une
assurance trop lâche : retour au sol probable, danger. Autres
cas dangereux à surveiller : pendant la chute si le grimpeur essaye
de se rattraper à sa corde (brûlures), s'il s'emmêle dans
sa corde en tombant (retournement du grimpeur : le baudrier doit être
serré ; la jambe peut se coincer entre la corde le mur et le point d'assurance
(dégaine)).
- Enfin, la corde est-elle assez longue ?
Le mousquetonnage du premier point : si la parade n'est plus active (l'assureur
s'occupe de sa corde) : risque de retour au sol.
Le mousquetonnage de
tous les points : - risque de corde mise à l'envers (voir schéma)
: la chute peut entraîner une ouverture du doigt courbe du mousqueton.
- Les dégaines vrillées (facilement repérable) - le point
de mousquetonnage oublié : grave danger (corde longue risque de
retour au sol).- Le "Yo-Yo" (corde passée dans la dégaine
par le mauvais brin de corde et qui empêche ensuite le grimpeur de progresser
(la corde fait un Z vertical). Et ce qu'il y a de plus dangereux encore, le
mode de remédiation utilisé pour le défaire : surtout ne
pas enlever la dégaine du haut.
- au relais : en moulinette : peu de risque sauf mauvais comportement
du grimpeur (saute), de l'assureur (fait chuter le grimpeur), ou manque de communication.
-en tête
: nombreux problèmes en vue ! Le grimpeur doit mousquetonner un mousqueton
à vis ou à pince : peut-il l'ouvrir (coincé, dur) ? A t'il
pris une longe avant de partir pour pouvoir "se vacher" ? Sait-il
où "se vacher" ? Sa longe est elle correctement installée
sur le baudrier ? Sa longe a t'elle une longueur utilisable (trop longue ne
sert à rien, trop courte sera difficile à enlever ou à
mettre : (la bonne longueur c'est le mousqueton sur le front !). On vérifiera
aussi le bon positionnement de la corde au bon endroit dans le relais (et non
dans chaîne, ou pas attachée ou dans plaquette !)
- La descente du grimpeur : en moulinette : risques liés
à l'assureur - qui joue avec le grimpeur (chute) - qui positionne mal
ses mains sur la corde : laisse glisser la corde (risque de brûlures donc
de lâcher la corde) - qui ne regarde pas le grimpeur : descente trop rapide.
Risques liés au grimpeur qui fait Tarzan ou le GIGN, ou qui descend "mou"
le corps le long du mur en frottant. Le risque le plus dangereux est l'arrivée
au sol : il est fréquent de voir des chutes brutales sur le coccyx
: l'assureur croyait que le grimpeur arrivait sur ses pieds, le grimpeur que
l'assureur le tenait. En tête : les mêmes plus les risques
causés par : - un manque de communication (sec, j'enlève ma vache,
tu me reprends, j'enlève les dégaines) - les dégaines :
si le grimpeur les enlève "en téléphérique"
et les lâche elles peuvent venir taper sur les mains de l'assureur (et
donc celui-ci peut lâcher). S'il les remet à son baudrier il y
a risque de chute de dégaine sur l'assureur : il faut être vigilant
et regarder. Enfin risque de pendule si la dernière dégaine est
dans un devers ou sur un dièdre. (Voir tableau
récapitulatif)
b. Pouvoir anticiper sur une faute prévisible :
· Organisation pédagogique :
- Travail par cordée : un grimpeur, un assureur et un contre-assureur
; un sac avec une corde, un descendeur et son mousqueton, un prussik et son
mousqueton. Chaque cordée travaille sur une voie (adaptée à
son niveau), on ne change qu'au signal du professeur.
- Travail par ateliers : moulinette + traversées ou blocs, mais
pas dans les mêmes espaces (chutes) !
- "Cordées à risques" : soit à casser (répartir
les élèves), soit à suivre de près avec des consignes
plus particulières (fondées sur la prise de risque ou le ludique
par exemple : situations défi : grimper d'un bras, exclure des prises,
monter vite, etc.)
- Gestion des groupes : faire des cordées par affinités
pour commencer, en respectant des rapports de poids et de taille (sinon problèmes
en vue à l'assurance !). Par la suite les cordées se rééquilibreront
par niveau, voire par motivation (quantité de travail, volonté
à progresser). Il faut donc pouvoir permettre l'évolution des
cordées. La limite de la cordée par affinité ou par niveau
est la "cordée à risque" et la capacité de l'enseignant
à gérer ce type de cordée
- Choix de la voie : La cordée peut décider du choix de
sa voie
parmi les voies qui lui sont proposées par l'enseignant.
· Sécurité passive :
- Aménagement de l'espace : avec tapis, si possible et/ou en limitant
la hauteur (traversées).
- Matériel adapté et vérifié : longes (corde
dynamique attachée par un nud en huit au baudrier et terminée
par un mousqueton fixé à la corde par un nud en huit), baudriers
(doubles attaches reliées par pontet, boucles automatiques ou non mais
aisément vérifiables), prussik (nuds vérifiés),
mousqueton à vis (non grippés), relais en haut des voies vérifiés
(drisses au bon endroit (dans le mousqueton), mousqueton vissé (si à
vis) ou en place (si à pince).
- Drisses (qui servent à monter la corde) : attachées pour
ne pas gêner (au grillage ou latéralement). Et soigneusement démêlées
de la corde pour éviter les blocages. Pour cela on peut préparer
la drisse avant de monter la corde : brins séparés, coulissement
libre, pas de nuds.
- Vérification du site : régulièrement (par qui,
quand, comment, quelle trace écrite ?)
C. Dire sa pratique :
Exprimer ses difficultés, les problèmes rencontrés (matériels,
pédagogiques, de gestion des élèves ou des situations ou
même affectifs (par rapport à une situation), et même les
cas non prévus).
a. Gestion du "pool" de matériel :
· Cahier de suivi du matériel : (voir
recommandations FFME) date d'achat du matériel, état, utilisation,
date de vérification, observations (par exemple problèmes rencontrés
avec le matériel)
· Mise au rebut du matériel : Ne pas hésiter à
renouveler son matériel et à mettre au rebut tout ce qui est usé
(baudriers, cordes), qui présente des défauts d'aspects ou qui
ne fonctionne plus parfaitement (dégaines, mousquetons).
· Etablir des procédures de contrôle du matériel
et du site : qui, quand, comment ? Un responsable doit être désigné,
c'est lui qui contrôle le matériel et remplit le cahier de suivi.
La fréquence de contrôle doit être régulière,
au minimum une fois par an. Le contrôle doit être efficace : pas
seulement un contrôle visuel mais aussi tactile.
§ Cordes : raideur, courbure, chaussettes, usure, chocs graves.
§ Baudriers : usure du pontet, des points d'attache de la corde,
boucles automatiques (bien installées), anneaux porte matériel
non usés ( pour éviter les chutes intempestives de dégaines).
§ Dégaines : Doigts articulés avec un retour franc
et rapide. Sangles non usées. Mousquetons non tordus.
§ Mousquetons à vis : non grippés, non bloqués.
§ Longes : bon état de la corde et du mousqueton
§ Prussik : bon état des nuds et de la cordelette
§ Le site d'évolution : qui, quand, comment, trace écrite ?
b. Adaptation du matériel
aux solutions les plus sûres connues :
Cordes :
- Il est prouvé qu'un nud fragilise une corde (-30 à - 60
%), mais un nud mal fait la fragilise encore plus ! Un nud en 8
où les cordes se croisent est moins résistant qu'un nud
à plat, bien rangé et bien serré.
- Des cordes dans la poussière se dégradent plus vite que des
cordes propres (usure de l'âme de la corde par des poussières infiltrées).
On peut donc laver les cordes (même avec du savon de Marseille), en machine,
programme court et essorage réduit. Il faut les faire sécher à
plat (une corde mouillée est 10 fois moins résistante à
l'abrasion) et à l'ombre (les UV sont une cause très importante
de la dégradation des performances d'une corde).
- Vérification de l'état d'une corde, apparemment bonne, en la
pliant (boucle) tous les 50 cm : cela permet de voir s'il y a une faiblesse
(angle au lieu d'arrondi).
Longes :
- Il faut proscrire toutes les longes en sangle (fragiles et dangereuses), et
n'utiliser que des longes fabriquées avec des cordes dynamiques, attachées
au baudrier par un nud en huit ( et non mousqueton) et terminées
par un nud en huit sur lequel on attachera un mousqueton à vis.
Dégaines
:
- Il semble que les dégaines dont les mousquetons seraient inversés
(ouverture de l'un vers la gauche, ouverture de l'autre vers la droite, cas
le plus fréquent) ne présenteraient pas le maximum de sécurité
(risque d'ouverture plus fréquent du mousqueton en cas d'appui sur le
rocher).
Baudriers :
- Les baudriers d'initiation n'ayant qu'une seule sangle d'attache qui fait
office de pontet (type Petzl Club), n'offrent aucune issue en cas de casse du
pontet. Bien que le fait soit improbable si le matériel est vérifié
et entretenu, il faut en tenir compte et peut être modifier les investissements
en conséquence !
Cet espace est ouvert et bénéficiera des apports de chacun
Philippe Vallée,
je suis prof agrégé d'EPS au collège A. Malraux à Cagnes sur mer 06800. J'enseigne l'escalade en cours et en AS. La pratique décrite ici est celle utilisée en cours, sur une SAE de 8 m de haut, équipée en permanence de drisses pour équiper les voies (inconvénient d'encombrement à la montée du grimpeur, mais facilitation des séances dans une structure utilisée par un collège, un LP et un Lycée). La pratique se fait traditionnellemnt par cordées de 3 élèves : un grimpeur, un assureur et un contre assureur muni d'un prussik. Pour me joindre philippe%vallee@cegetel%net (remplacer les % par des points)
Merci à Dominique Seruch, Sandra Seruch, Guy Coquoin, Thibaut Coulon et Loulou Rodolphe pour leur aide pour de document.